Article du 10/04/2012 à 14:40
Ruffec : La librairie indépendante s'accroche
Dans le récent contexte de l'ouverture du centre culturel du Centre Leclerc de Ruffec, comment l'unique librairie indépendante du Nord-Charente survit-elle ? Rencontre avec Jacques Cornaud, le gérant de la librairie Clair de Plume.

La Rédaction. Jacques Cornaud, vous êtes le gérant depuis bientôt quatre ans de la Maison de la Presse, comment precevez-vous la situation actuelle et l'avenir de vos activités ?
– Jacques Cornaud. Je voudrais vous rappeler d'abord que la Maison de la Presse est représentée à près de 70% par la librairie ; la presse, la papeterie et les services constituant le reste. Compte tenu des six jours d'ouverture par semaine et de l'amplitude des horaires, quatre salariés dont une partie à temps partiel sont nécessaires ; du personnel qualifié, en particulier en librairie. La situation n'est pas facile ; depuis un an nous subissons les effets d'une certaine «crise». Le nombre de client a peu diminué mais le panier moyen a baissé.
L.R. Internet a-t-il une influence ?
– J.C. Oui bien sûr. Il nous est difficile de la mesurer précisément, mais c'est une tendance qui va s'amplifier probablement assez rapidement.
L.R. Pensez-vous y 
adhérer ?
– J.C. Certainement, et nous avons plusieurs axes de réflexion. Avec l'aide de la CCI, nous avons déjà ouvert un site que tout le monde peut consulter, mais pour l'instant ce n'est qu'une vitrine. D'autre part, nous avons en développement un site de vente qui devrait être opérationnel en milieu d'année. Il faut préciser qu'il nous faut pouvoir proposer les livres que nous avons en stock (environ 15 000 titres) mais aussi tous ceux qui existent sur le marché et auxquels nous avons accès par le biais d'une base de données. Il faut que nous puissions offrir la même qualité de service que ce qui est proposé par ce qui existe déjà.
L.R. Et la grande distribution ?
– J.C. Vous ne m'amènerez pas à une polémique avec quelque enseigne que ce soit de la grande distribution. Celle-ci est devenue incontournable car elle représente un besoin pour une grande partie de la population. Personnellement je n'en fais pas partie ; je fais mes courses sur le marché ou chez les commerçants de ville et je trouve cela tellement plus agréable ! Ce qui m'inquiète le plus, c'est l'avenir de nos centre ville et surtout dans les petites villes comme Ruffec. Force est de constater ce qui s'est passé autour de nous en quelques années.
L.R. Le prix des livres est-il différent dans une librairie indépendante ou en grande distribution ?


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